Les
organes utilisent en permanence
des nutriments qui proviennent
de la digestion des aliments.
La transformation de la plupart des
aliments consommés en nutriments
s'effectue dans le tube digestif
sous l'action d'enzymes digestives. |
William
Beaumont réalise une
digestion in vitro en utilisant
le suc gastrique d'un
trappeur blessé à l'estomac. |
"7
août à 11
heures, après
avoir fait jeûner
le garçon pendant
17 heures, je soutire
une once(1) de
liquide gastrique pur,
non mélangé avec
d'autres matières.
Je prends alors un bon
morceau de bœuf
bouilli, et je le mets
dans un flacon avec le
liquide. Je ferme hermétiquement
le flacon et le place
dans une casserole remplie
d'eau portée à la
température de
100°F(2) et
maintenue à ce
niveau. À 3 heures, les
fibres musculaires ont
diminué de moitié.
À 9 heures, le mélange
a, à peu près,
la couleur du petit lait".
(1) l'once
vaut à peu près
28 g
(2) 100° Fahrenheit =
37,8 °Celsius
Extrait de "Experiment
and observations on the gastric
juice". William Beaumont
(1822). |
Spallanzani
découvre que la digestion
dans l'estomac de l'homme,
est un phénomène
chimique. |
"Il
s'agissait de prendre
par la bouche une petite
bourse de toile contenant
52 grains(1) de
pain mâché.
Je gardais cette bourse
pendant 23 heures sans éprouver
aucun mal avant de la
rejeter par les selles.
Elle ne contenait plus
de pain, il n'y
avait aucune déchirure
de la toile, de sorte
qu'il était évident
qu'elle n'avait
subi aucune altération.
Le succès de cette
expérience m'encouragea à en
faire d'autres.
J'enveloppai dans
une bourse de toile 60
grains de la chair d'un
pigeon cuite et mâchée.
Cette bourse ne resta
que 18 heures dans le
corps, mais les chairs étaient
absolument digérées".
(1) 1 grain
= 54 mg
Extrait
de "Expériences
sur la digestion de l'homme
et de quelques espèces
d'animaux". Lazzaro
Spallanzani (1783). |
À
l'époque de
Réaumur on pensait
que la digestion était
due à un simple broyage
mécanique dans l'estomac. |
"Une
buse à qui j'avais
seulement arraché quelques
plumes des ailes pour
la laisser vivre en liberté dans
mon jardin, fut destinée à des
expériences. Je
plaçai dans un
gros tube de fer blanc
ouvert par les deux bouts,
un morceau de viande.
Le tube ainsi garni fut
donné à la
buse pour son premier
déjeuner. Ce ne
fut que le lendemain
que je trouvai le tube
qu'elle venait
de rendre : il avait
toute sa rondeur, on
ne découvrait
sur sa surface extérieure
aucune trace de frottements.
Le morceau de viande
avait été réduit
peut-être au quart
de son premier volume;
ce qui en restait était
couvert par une espèce
de bouillie, venue probablement
de celle de ses parties
qui avaient été dissoutes".
Extrait de "Observations
sur la digestion des oiseaux".
René Antoine Ferchault
de Réaumur (1752). |
La circulation
sanguine assure la continuité des échanges
au niveau des organes.
Le sang circule à sens unique
dans des vaisseaux (artères,
veines, capillaires) qui forment
un système clos. |
Harvey démontre
que le sang suit un circuit
fermé et que le cœur
est à l'origine de
ce mouvement continuel. |
"[…]
Le cœur renferme 2
onces(1) de sang.
Le pouls bat 72 fois par
minute, en une heure le ventricule
gauche aura envoyé dans
l'artère aorte une
quantité de sang correspondant à 8640
onces de sang [72 x 2 x 60
= 8640] c'est-à-dire à 540
livres(2), ce
qui fait 3 fois le poids
du corps humain. D'où une
pareille quantité de
sang peut-elle donc venir
? Où peut-elle aller
? […] Nous sommes
amenés à conclure
que le sang des animaux est
poussé selon un trajet
fermé comme un cercle
et qu'il est en état
de perpétuel mouvement.
Tout démontre donc
que le sang, sous l'impulsion
des ventricules, parcourt
les artères de toutes
les parties du corps. Par
les pores de la chair il
trouve son chemin des artères
aux veines".
(1) 1 once
vaut à peu près
28 g
(2) 1 livre = 489,5 g
Extrait de "Exercitatio
Anatomica de Motus Cordis
et Sanguinis in Animalibus".
William Harvey (1628). |